Saint-Edme.                                363
fuivent une bête fauve qui eft repréfentée par un fauteur qui, en s'enfuyant, fait différens fauts. Arlequin l'adoucit en Tonnant de fa lyre. Paroiffent en-fuite trois archers qui veulent arrêter Arlequin, lequel, en jouant de fa lyre, les charme et lui donne lieu de fe fauver, ce qui compofe le premier acte qui eft joué tant par les acteurs que par les fpectateurs par des écriteaux def-cendant d'en haut fur lefquels -font écrits des vaudevilles qui compofent la pièce : les acteurs font les geftes et par différentes figures pantomimes expri­ment ce qui eft dans les écriteaux, et les fpectateurs chantent et dans quelques endroits les acteurs, pour lier les couplets, difent quelques paroles, et quand Ies écriteaux defeendent, quatre violons, une baffe, un hautbois fonnent l'air du vaudeville marqué dans les écriteaux et que le public chante en vaude­ville. Quc, dans le fécond acte, defeend une toile qui change le théâtre, et au lieu du défert et des montagnes paroît un grand portique par les portes duquel on voit une plaine. Paroît un docteur qui marque à fa fille qu'il la veut ma­rier, laquelle lui fait entendre qu'elle eft engagée de parole avec Pierrot ; qu'Arlequin-Orphée fur le théâtre recherche Colombine en mariage, laquelle le refufe et lui marque beaucoup de mépris; mais Arlequin, en jouant de fa lyre, l'engage à oublier Pierrot pour l'époufer ; que Pierrot paroît enfuite et Colombine lui marque qu'elle ne fonge plus à lui, ce qui met Pierrot au dé-fcfpoir et l'engage X s'aller noyer, mais menace avant Colombine de lui nppa-roître après fa mort et la tourmenter partout ; qu'enfuite Ie mariage d'Arle­quin et Colombine fe fait ; enfuite fe fait le feftin de la noce où, pour divertir ceux qui font à table, trois fauteurs dont deux vêtus en femme et un habillé à la turque jouent l'un de la guitare, un autre du violon ct le troifième de la harpe, jouent deux airs différens, et celui qui joue dc la guitare chante deux ou trois couplets de chanfons ; que pendant le repas fort du théâtre par une trappe un fauteur habillé en Pierrot que Colombine prend pour l'ombre de Pierrot, dont elle eft fi effrayée qu'elle en meurt de peur ; que le père de Co­lombine engage Arlequin à faire ce que fit autrefois Orphée après la mort de fa femme Eurydice et d'aller comme lui dans les enfers pour l'en retirer ; qu'il fe lève une trappe du milieu du théâtre d'où fortent des flammes par le moyen de quelques morceaux de poirafine que l'on jette dans une poële qui eft fous le théâtre ; qu'Arlequin fe jette dans cette trappe, cc qui finit le fécond acte qui eft joué comme le premier par des écriteaux où font des vaudevilles accompagnés de violons ; que les acteurs font des figures panto­mimes ct Ies auditeurs chantent les vaudevilles, et pour Ies lier, les acteurs parlent entre la plupart des vaudevilles. Qu'au troifième acte le théâtre re­présente une forêt ; que Pierrot, avec un caducée à la main, repréfente Mer­cure ct rencontre Arlequin qui vient d'arriver dans les enfers ; qu'il paroît des ombres qui font les âmes des femmes nouvellement defcéndues aux en­fers, lefquelles pour repréfenter les ombres font couvertes d'un voile et mar­quent à Arlequin et à Mercure la caufe de leur mort. Enfuite s'élève une toile et l'on voit fur le rivage du Styx quantité d'ombres qui arrivent à Caron dans fa barqua qui les paffe. Lefquelles ombres font reprëfentées par des